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Publié le

18/3/2026

Breves marché : la FFB relève ses prévisions pour 2026, mais sans réelle reprise du secteur

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18/3/2026

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Un léger rebond attendu après plusieurs années de reculAprès trois années consécutives de baisse, le secteur du bâtiment pourrait connaître une hausse d’activité de 1,8 % en 2026, selon les dernières prévisions de la Fédération française du bâtiment (FFB). Ce rebond intervient toutefois dans un contexte particulièrement dégradé. En 2025, l’activité a encore reculé de 4 %, prolongeant une dynamique négative engagée depuis 2023. Au total, sur trois ans, la filière a enregistré une chute de plus de 10 % de son activité, ce qui relativise fortement la portée de la reprise annoncée.

Le logement neuf, principal moteur de la reprise

La dynamique attendue en 2026 repose essentiellement sur le redressement du logement neuf. Ce segment devrait progresser de +9,5 % en volume, porté notamment par l’amélioration progressive des mises en chantier observée en 2025.

Pour autant, les niveaux restent historiquement faibles. Les constructions de logements devraient se situer sous la barre des 300 000 unités, un seuil jugé insuffisant pour répondre aux besoins du marché.

Dans le détail :

  • le logement individuel afficherait une progression plus marquée,
  • tandis que le logement collectif resterait pénalisé par un recul des autorisations.

Des segments encore fragilisés

Malgré ce rebond du logement neuf, les autres segments du bâtiment peinent à retrouver une dynamique positive.

  • Non-résidentiel neuf : une quasi-stagnation est attendue, avec une évolution limitée à +0,5 %, freinée notamment par le recul des bureaux.
  • Entretien-amélioration : l’activité continuerait de se contracter légèrement, à -0,5 %, dans un contexte de ralentissement de la rénovation énergétique.

Ce dernier segment reste particulièrement affecté par les ajustements successifs des dispositifs d’aide, notamment MaPrimeRénov’, qui ont contribué à freiner les projets.

Une reprise insuffisante pour relancer l’emploi

Malgré une amélioration attendue de l’activité, la situation de l’emploi dans le secteur devrait continuer à se dégrader.

La FFB anticipe ainsi la suppression d’environ 10 000 postes en 2026, après déjà plusieurs années de pertes importantes.

Cette tendance confirme que le rebond prévu reste trop limité pour inverser durablement la trajectoire du secteur.

Une reprise conditionnée aux décisions publiques

Au-delà des indicateurs économiques, la FFB insiste sur le rôle déterminant des politiques publiques dans la relance du bâtiment.

L’absence de mesures incitatives fortes, notamment en faveur de l’investissement locatif, limite aujourd’hui les perspectives. Le secteur appelle notamment à la mise en place d’un statut du bailleur privé plus attractif, susceptible de débloquer rapidement de nombreux projets.

Dans ce contexte, les arbitrages budgétaires à venir seront déterminants pour transformer ce rebond technique en reprise durable.

Un secteur toujours en phase d’ajustement

Si les perspectives pour 2026 marquent une inflexion, elles ne traduisent pas encore un véritable redémarrage du marché.

Le bâtiment s’inscrit davantage dans une logique de stabilisation après crise, portée par le logement neuf mais freinée par :

  • un niveau d’activité encore bas,
  • des incertitudes réglementaires,
  • et une demande insuffisamment dynamique.

La trajectoire du secteur dépendra désormais de sa capacité à retrouver des conditions d’investissement favorables et une visibilité économique plus stable.

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