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Publié le

26/3/2026

CEE : le gouvernement veut réorienter le dispositif pour accélérer l’électrification

Publié le

26/3/2026

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Un dispositif stratégique repositionné dans un contexte de crise énergétique

Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs conséquences sur les marchés de l’énergie, le gouvernement souhaite faire évoluer le dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE).

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a confié à la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Brégeon, une mission de deux mois visant à « réorienter » ce mécanisme. L’objectif est de l’adapter aux enjeux actuels, en particulier pour répondre à la hausse des coûts de l’énergie et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Dans un courrier adressé à la ministre, le chef du gouvernement souligne que la guerre au Moyen-Orient « rappelle avec acuité notre dépendance aux énergies fossiles importées ».

Accélérer l’électrification pour réduire la dépendance aux énergies fossiles

La réorientation des CEE s’inscrit dans une volonté claire : accélérer l’électrification des usages et limiter le recours aux énergies fossiles.

Le gouvernement souhaite ainsi rendre le dispositif « plus clair vers l’électrification » et renforcer son rôle dans le développement de l’électricité d’origine décarbonée.

Selon Sébastien Lecornu, « ce mouvement d’électrification nécessite des outils d’incitation et d’accompagnement, en premier lieu les certificats d’économie d’énergie ».

Un mécanisme clé de la transition énergétique

Créés en 2005, les certificats d’économie d’énergie reposent sur le principe du « pollueur-payeur ». Ils sont financés par les contributions des fournisseurs d’énergie, notamment TotalEnergies, Engie ou encore les distributeurs de carburants.

Ce mécanisme de financement privé constitue aujourd’hui un levier majeur pour soutenir la rénovation et la transition énergétiques, et fait l’objet d’une mobilisation croissante des pouvoirs publics.

Vers une optimisation du dispositif et une meilleure maîtrise des coûts

Parmi les axes de travail identifiés, le gouvernement souhaite « mieux impliquer les acteurs privés pour veiller à la maîtrise des coûts de gestion ».

Le Premier ministre évoque également la nécessité de « supprimer » les projets jugés « les moins efficaces » et d’« associer à des bonifications » ceux qui seront maintenus.

L’objectif est de renforcer l’efficacité globale du dispositif tout en optimisant son impact économique.

De nouveaux secteurs ciblés et des priorités réaffirmées

La mission confiée à Maud Brégeon prévoit également d’élargir le champ d’action des CEE à certains secteurs particulièrement dépendants aux hydrocarbures importés, notamment :

  • la pêche,
  • l’agriculture.

Par ailleurs, le gouvernement entend orienter prioritairement les aides vers :

  • les actions permettant de « soutenir le pouvoir d’achat des ménages modestes »,
  • celles favorisant « l’installation d’équipements industriels produits en France ».

Enfin, il appelle à « renforcer la lutte contre la fraude ».

Position HomeServe : transformer la réorientation des CEE en levier concret de massification

Dans ce contexte, HomeServe partage l’ambition du gouvernement de faire des certificats d’économie d’énergie un levier central pour accélérer l’électrification et réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Cette évolution confirme une tendance de fond du marché : la nécessité de massifier les solutions électriques décarbonées dans les logements, tout en garantissant leur accessibilité.

Pour HomeServe, plusieurs conditions seront déterminantes pour assurer l’efficacité de cette réorientation :

  • La lisibilité des dispositifs : dans un environnement marqué par des évolutions fréquentes, la stabilité et la compréhension des aides restent essentielles pour déclencher les projets des ménages.
  • La simplification des parcours : au-delà de l’incitation financière, la capacité à accompagner concrètement les foyers dans leurs travaux constitue un facteur clé de passage à l’acte.
  • L’efficacité des opérations financées : la volonté de cibler les actions les plus performantes va dans le sens d’une meilleure allocation des ressources.
  • La confiance dans le système : le renforcement de la lutte contre la fraude est un enjeu structurant pour crédibiliser durablement le dispositif.

Dans un marché encore marqué par des hésitations des ménages, la réorientation des CEE devra ainsi concilier ambition énergétique, simplicité d’usage et stabilité dans le temps.

Un levier appelé à se structurer davantage

Avec cette mission, les certificats d’économie d’énergie s’inscrivent plus que jamais au cœur de la stratégie énergétique française.

La capacité du dispositif à accompagner efficacement l’électrification des usages, tout en répondant aux enjeux économiques et sociaux, sera déterminante pour en faire un levier durable de transformation du secteur.

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